Regards croisés sur la cour impériale de Huế

Du jeudi 6 mars au lundi 30 juin 2025

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Regards croisés sur la cour impériale de Huế

Du jeudi 6 mars au lundi 30 juin 2025

Huế, capitale impériale de la dynastie des Nguyễn (1802-1945), était le centre du pouvoir du Đại Nam, territoire correspondant à l’actuel Vietnam. Lors de la conquête de la péninsule indochinoise par les Français, le traité de Huế place en 1883 l’empire du Đại Nam, renommé alors Annam, sous l’administration indirecte de la France. La monarchie est en apparence maintenue. L’empereur et son entourage fascinent les Français. Peintures, photographies, cartes postales et illustrations publicitaires : la cour et les rituels impériaux de Huế sont représentés sous diverses formes. Ces images circulent largement, tant dans la métropole que dans la colonie. C’est un paradoxe : tandis que l’apparat monarchique est mis en valeur, la monarchie elle-même est progressivement dépossédée de toute autorité. Les concours mandarinaux, piliers de l’administration impériale, sont supprimés en 1919. Le pouvoir politique est transféré au Résident supérieur d’Annam en 1925.

Cette présentation rassemble des œuvres de la collection du musée, exécutées par des artistes français et vietnamiens à la fin du XIXe siècle et dans le premier tiers du XXe siècle. Plutôt que de les opposer, elle interroge le contexte colonial de leur production. Chez les artistes ou commanditaires français, il est difficile de démêler fascination pour l’apparat monarchique, appréciation culturelle, goût du pittoresque, souci documentaire et visée propagandiste. Les artistes vietnamiens qui œuvrent dans le cadre de commandes répondent aux attentes du colonisateur, sans toutefois s’y soumettre totalement. En investissant ces commandes, ils élaborent des formes hybrides qui traduisent une vision propre. Ils réinterprètent leur culture à travers de nouveaux codes et usages, souvent en dialogue subtil avec les attentes coloniales, voire en les subvertissant. L’ensemble des œuvres présentées ici témoigne ainsi d’interactions complexes. Elles constituent une nouvelle culture visuelle, à la fois reflet d’un contexte de domination et espace de négociation.


Commissaires :

  • Sarah Ligner, musée du quai Branly – Jacques Chirac
  • Caroline Herbelin, université de Toulouse - Jean Jaurès et université d’État de New York à Albany

Retrouvez les textes et cartels de l'accrochage

 

Rendez-vous

  • Rencontre avec Sarah Ligner et Caroline Herbelin au salon de lecture JK le mercredi 19 mars à 16h

L'accrochage en images

Textes et cartels

Retrouvez ci-dessous les textes et cartels de l'accrochage. Les liens renvoient aux notices des pièces exposées dans les bases de données du musée.

Lorsque les titres des œuvres nous sont parvenus sans accent diacritique employé en vietnamien, nous avons gardé les titres tels quels. De même, par souci de clarté, l’adjectif « vietnamien » est ici utilisé de manière anachronique pour qualifier les artistes locaux qui travaillaient à Huế. L’actuel Vietnam était appelé Annam à l’époque de la colonisation française et ses habitants les Annamites.

 

Avertissement

Nous disposons de peu d’informations sur certains auteurs vietnamiens présentés ici. Lorsque les œuvres sont signées – ce qui demeure exceptionnel – elles le sont par des fonctionnaires travaillant pour le gouvernement impérial ou colonial. Cette situation est représentative des œuvres de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle. Si les attributions d’autres œuvres restent incertaines ou leurs auteurs anonymes, c’est parce que la notion d’artiste - au sens occidental moderne du terme, c’est-à-dire valorisant l’expression d’une sensibilité individuelle – ne correspondait pas à la manière dont ces peintres se percevaient ou étaient perçus. Il existe cependant des exceptions notables, comme celle de Tôn Thất Sa qui exposait à Huế aux côtés de peintres français. Ce n’est qu’avec l’ouverture de l’École des beaux-arts de l’Indochine en 1924 que la conception occidentale de l’artiste commence à se diffuser au Vietnam.

 

Artistes, artisans, amateurs ?

Dans l’Empire d’Annam, les pratiques cérémonielles structuraient aussi bien l’organisation politique que la vie sociale. Ces rituels étaient reproduits à tous les niveaux de la société, depuis le palais impérial jusqu’aux villages. Ils garantissaient l’harmonie et maintenaient l’ordre cosmologique dans un système où l’empereur était considéré comme le Fils du Ciel. Depuis la conquête jusqu’à la fin de la période coloniale, amateurs et savants coloniaux se sont attachés à collecter et à publier des informations sur les rites et cérémonies du Vietnam. Le regard alors porté par les Européens sur les peintures et photographies de la cour s’inscrivait dans cette même logique ethnographique tout en étant appréciées pour leur caractère artistique et pittoresque.

 

  • Nguyễn Thiện Thủ, chef du régiment de la garde Hô Thành
  • Défilé du Nam-Giao
  • Fin XIXe siècle– premier tiers du XXe siècle
  • Crayon, encre de Chine et aquarelle sur papier
  • Inv. 71.1936.15.77

Ce rouleau peint représente la procession qui traverse Huế avant l’une des cérémonies les plus importantes du Vietnam impérial, le Nam Giao. Ce rituel de sacrifice au ciel et à la terre, accompli par l’empereur, se déroulait sur une esplanade spécialement dédiée au sud de Huế. La parade est composée de différents corps d’armée, portant drapeaux, étendards religieux et objets nécessaires au sacrifice. Au centre de la procession figurent les personnalités les plus importantes de la cour : l’empereur lui-même, les princes et les mandarins de haut rang. Le texte en français et en caractères chinois – le chinois hán étant la langue administrative de l’empire d’Annam – indique clairement que cette peinture était destinée à un public français.

 

  • Tang-Vinh Photo, Huế
  • Album « Cérémonies des fêtes du Nam-Giao célébrées par sa majesté Bao-Dai, empereur d’Annam. 15, 16 mars 1933 »
  • 1933
  • Tirages photographiques sur papier
  • PA000055

Actif à Huế durant les années 1920 et 1930, Tang Vinh est l’un des trois photographes professionnels établis dans la ville à cette époque, aux côtés de deux autres Vietnamiens. Il bénéficie d’un accès privilégié à la cour impériale, immortalisant ainsi de nombreux événements majeurs comme la cérémonie du Nam Giao qu’il a déjà documentée en 1924, l’intronisation de l’empereur Bảo Đại en 1926 et son mariage en 1934. Ses reportages sont diffusés sous forme d’albums, comme celui-ci, et nombreuses de ses photographies sont publiées en France dans Le Monde Colonial Illustré et L’Illustration. La photographie de gauche représente l’esplanade du Nam Giao, où se déroule le rituel du sacrifice au Ciel et à la Terre. À droite, l’empereur Bảo Đại entre dans la maison du jeûne, où il doit observer une période de purification avant la cérémonie. La présence de nombreuses familles européennes montre que la cérémonie est à cette époque devenue un spectacle pour les Européens aux dépens de son sens sacré et solennel.

 

  • « Plan de la citadelle de Huế, levé par les élèves-géomètres de l’École professionnelle de Huế en 1919 (Réduction par M. Nguyễn Thứ) »
  • Bulletin des Amis du Vieux Hué
  • 1er et 2e trimestres 1933
  • P626

L’École professionnelle de Huế est créée en 1899 par décret de l’empereur Thành Thái, sous l’impulsion des Français, pour former des artisans. Ses élèves, qui ont réalisé ce plan, avaient aussi conçu une très grande maquette de la citadelle, présentée à l’Exposition coloniale de Marseille en 1922. Il est fort probable que ce plan, ici réduit pour publication par Nguyễn Thứ, ait été l’étape préparatoire de la maquette.

 

  • Anonyme, Vietnam
  • Réception de personnalités françaises à la cour de Huế
  • L’inscription en caractères chinois indique « Vue de la Grande fête donnée à l’occasion du 50e anniversaire à la Porte Ngọ Môn, 15e année du règne de l’empereur Thành Thái [c’est-à-dire 1894]. L’empereur organise un banquet impérial pour recevoir les invités français avec chanteurs et artistes »
  • Fin XIXe siècle – début XXe siècle
  • Crayon, encre de Chine et aquarelle sur papier
  • Inv. 71.1936.15.79

Cette peinture illustre les festivités organisées à la cour impériale en 1894 pour célébrer le 49ᵉ anniversaire de l’impératrice Từ Minh, mère de l’empereur Thành Thái qui règne de 1889 à 1907. Les célébrations se déroulent devant la porte Ngọ Môn, entrée principale de la cité impériale. L’empereur est vêtu de jaune, couleur impériale. Il est assis au centre, dans la partie supérieure du Pavillon des Cinq Phénix, son poste d’observation habituel. À ses côtés prennent place des personnalités françaises invitées. Un autre groupe de Français se tient devant la porte, encadré de part et d’autre par des mandarins. Les figures françaises sont toutes représentées en noir et blanc car elles sont probablement peintes d’après des photographies.

 

  • Anonyme, Vietnam
  • Cérémonies funéraires
  • Premier tiers du 20e siècle
  • Crayon, encre de Chine et aquarelle sur papier
  • Inv. 71.1936.15.78

Cette peinture représente plusieurs rites funéraires. La procession funéraire au centre décrit minutieusement les divers éléments du convoi : le panneau portant l’état civil du défunt, le char de l’âme et le catafalque. Il s’agit des funérailles d’un personnage important, peut-être lié à la riche demeure visible en haut à gauche, typique de Huế. À l’opposé, en bas à gauche, des porteurs transportent un simple cercueil en bois, semblant provenir d’une maison plus modeste. D’autres tombes, illustrant différents niveaux de richesse, sont également représentées. De manière surprenante, ces représentations funéraires cohabitent avec une scène de chasse menée par des Français. La vue à vol d’oiseau et la juxtaposition de plusieurs petites scènes isolées se retrouvent dans les peintures populaires vietnamiennes. Le format presque carré est inhabituel et témoigne d’une influence occidentale. Le traitement des bords suggère par ailleurs que l’œuvre était destinée à être encadrée, ce qui viendrait confirmer une commande européenne.

1. Cérémonies et rituels

Dès les débuts de la colonisation, les Français saisissent l’importance politique des rituels et des cérémonies, placés sous le contrôle impérial du Ministère des Rites. Ils recadrent progressivement ces pratiques pour les aligner avec leurs visées politiques, afin de contrôler l’image de la monarchie impériale et asseoir celle de la France en tant que protectrice de cette dernière. Jusqu’alors, le peuple ne voyait l’empereur et les hauts dignitaires qu’en de très rares occasions. Mais sous la colonisation, la prolifération des images contribue à désacraliser le souverain.

 

  • Nguyễn Thứ  (actif dans la première moitié du XXe siècle)
  • Le costume mandarinal : tenue des audiences ordinaires des mandarins militaires
  • Encre et aquarelle sur papier
  • Inv. 75.5263.9
  • Nguyễn Thứ (actif dans la première moitié du XXe siècle)
  • Le costume mandarinal : tenue des audiences solennelles des mandarins militaires
  • Encre et aquarelle sur papier
  • Inv. 75.5263.8

L’artiste Nguyễn Thứ demeure assez méconnu. Il contribue au Bulletin des Amis du Vieux Hué, pour lequel il réalise plus de 350 illustrations du début des années 1920 jusqu’au début des années 1940. Ces deux planches font partie d’un ensemble réalisé par Nguyễn Thứ pour l’Exposition coloniale internationale de Paris en 1931.

 

  • « Le sacrifice du Nam-Giao : vêtements et ornements rituels de l’Empereur. Dessin de Nguyễn Thứ, d’après une aquarelle de Tôn Thất Sa et Hương-Cao »
  • Bulletin des Amis du Vieux Hué
  • 1er trimestre 1936
  • P626

Nguyễn Thứ s’inspire ici d’aquarelles initialement publiées dans le Bulletin des Amis du Vieux Hué en 1916 et signées Tôn Thất Sa et Hường-Cao. Ces derniers étaient également des collaborateurs réguliers de la revue, présents presque depuis sa création en 1914.

  • Nguyễn Văn Nhân (actif fin XIXe siècle – début XXe siècle)
  • Encre, aquarelle, rehauts d’or et d’argent sur papier

Cette série de peintures non signées sont soit de la main de l’artiste Nguyễn Văn Nhân, soit des copies de ses œuvres. Né au Nord du Vietnam, il y travaille pour l’administration française avant d’être détaché à Huế. Il représente ici la hiérarchie militaire de l’empire vietnamien. Les hauts fonctionnaires et soldats sont figurés comme des personnages types, anonymes, sans contexte spécifique. Les costumes, minutieusement détaillés, sont le sujet central. Ces œuvres s'inscrivent dans la tradition des peintures chinoises d'exportation, dont elles reprennent le format et la disposition.


Légende des dessins :
En haut, de gauche à droite :

  • « Mandarin Militaire. Trung-Quân Chánh Nhứt-Phẩm : Maréchal du centre (1er degré, 1ère classe) »
  • Inv. 75.5263.20
  • « Mandarin Militaire. Hữ Quân chánh nhứt. Maréchal de l'aile Droite (1er degré, 1ère classe) »
  • Inv. 75.5263.26
  • « Mandarin Militaire. Tiền-Quân Chánh- Nhứt-Phẩm : Maréchal de l'Avant (1er degré, 1ère classe) »
  • Inv. 75.5263.24

En bas, de gauche à droite :

  • « Armée du Milieu. 1. Lĩnh Kim-Ngô : Milicien de la compagnie de Kim-Ngô avec le pavillon dit aussi ʺcờ Kim-Ngôʺ. 2. Cờ Phiến-văn : Bannière dite ʺPhiến-vănʺ »
  • Inv. 75.5263.21
  • « Mandarin Militaire. Chưởng-Vệ : Chef de bataillon (costume de cérémonie ordinaire) »
  • Inv. 75.5263.25
  • « Garde Royale. Linh Hộ-vệ : Garde impérial »
  • Inv. 75.5263.23
  • Anonyme, Vietnam
  • Fin XIXe siècle – première moitié du XXe siècle
  • Aquarelle sur papier

Au début de son règne en 1802, l’empereur Gia Long crée la fonction de médecin de la cour. Peu après, ces médecins sont regroupés au sein du Service de santé du Palais et leurs grades sont assimilés aux rangs mandarinaux. Ces différents grades et fonctions sont représentés ici.

Légende des dessins
En haut, de gauche à droite :

  • « Le Thaï-y-Viên ou Service de Santé du palais : Ngư y ou Pho-Ngư y »
  • Z894384
  • « Le Thaï-y-Viên ou Service de santé du palais : Ngư y ou Pho-Ngư y »
  • Z894383
  • « Le Thaï y Viên ou Service de santé du palais : Y-Chanh ou Y Pho »
  • Z894382

En bas, de gauche à droite :

  • « Le Thai-y-Viên ou Service de santé du palais : Y Chanh ou Y Pho »
  • Z893902
  • « Le Thaï-y-Viên ou Service de Santé du palais : Ta viên phân ou Huu Viên phân »
  • Z894385
  • « Le Thaï y Viên ou Service de Santé du palais : Ta Viên phân ou Huu Viên Phân »
  • Z894387

 

2. Pouvoir et apparat

Les premiers contacts artistiques entre la France et le Vietnam remontent au XVIIᵉ siècle. Les missionnaires contribuent à la diffusion des techniques picturales occidentales. Plus tard, l’introduction de la photographie en Indochine transforme le rapport à l’image. Elle facilite la reproduction des portraits et des scènes de la vie du palais, autrefois réservés aux seuls initiés. L’Association des Amis du Vieux Hué, fondée en 1913, devient un espace de collaboration entre érudits français et vietnamiens. Son bulletin documente et valorise le patrimoine historique et culturel de l’ancienne capitale impériale.

 

  • Paul Sarrut (1882-1969), copie d’après une peinture anonyme de 1805
  • Portrait de Jean-Baptiste Chaigneau
  • Fin des années 1920 – début des années 1930
  • Huile sur toile
  • 75.7070
  • Dépôt de l’Agence économique de l’Indochine au musée de la France d’outre-mer, 1933

L’officier de marine français Jean-Baptiste Chaigneau (1769-1832) est arrivé au Vietnam en 1794 et a servi dans l’armée de Gia Long. Devenu mandarin, il a pris le nom vietnamien de Nguyễn Văn Thắng. Il a épousé une Vietnamienne et a vécu à Huế jusqu’en 1824. Son parcours en fait une figure historique bien connue de l’histoire coloniale française. C’est à ce titre que Paul Sarrut peint une copie de son portrait d’après une œuvre chinoise de 1805. Le portrait original, aujourd’hui non localisé, est reproduit en 1923 dans le Bulletin des Amis du Vieux Hué. Chaigneau y est représenté vêtu d’un costume franco-annamite.

  • « Portrait de Jean-Baptiste Chaigneau »
  • Bulletin des Amis du Vieux Hué
  • Janvier - mars 1923
  • P626
  • Jacques-Philippe Potteau (1807-1876)
  • 1863
  • Tirages sur papier albuminé

Jacques-Philippe Potteau, membre du Muséum national d’histoire naturelle à Paris, a pris plusieurs séries de clichés des délégations étrangères en visite en France dans les années 1860. À la demande de Napoléon III, il photographie les délégués de l’ambassade vietnamienne présente à Paris en 1863 pour négocier les territoires cédés la France. La photographie joue un rôle clé dans le développement des représentations graphiques de la cour. Les portraits de l’empereur et des hauts dignitaires avaient jusque-là des fonctions spécifiques et n’étaient pas destinés à être vus publiquement. Grâce à ce nouveau médium, la vie à la cour – jusqu’ici invisible au profane – peut être reproduite par des artistes extérieurs au palais royal.

Légende des tirages
De gauche à droite :

  •  « Phan-Plu-Thu, 44 ans, 2e ambassadeur- 1er Secrétaire du Ministère de l'intérieur, mandarin du 2e degré, 2e Classe »
  • PP0041036
  • « Hô vân Luông (50 ans, annamite de la province de Quan-tri (Annam). Secrétaire d'ambassade. 5e secrétaire du bureau de la guerre. Mandarin de 5e degré, 2e classe »
  • PP0041033
  • « Ngug-Kai-Dan, 48 ans, Annamite né à Nghé-An, Annam, 3e Ambassadeur. Secrétaire du Ministère de la Justice, Mandarin de 3e degré, 2e classe »
  • PP0024709
  • « Phan-Than-Giang, 68 ans, Annamite né à Vinh-Long. 1er ambassadeur, Vice-grand censeur du royaume d'Annam, mandarin de 1er degré, 2ème classe »
  • PP0024938
  • Paul Sarrut (1882-1969)
  • Phan Thanh Giản
  • Fin des années 1920 – début des années 1930
  • Dessin aux trois crayons sur papier
  • 75.15494.14

Paul Sarrut, peintre et graveur bordelais, a exécuté de nombreux portraits de figures historiques liées à l’histoire coloniale française. Il représente ici Phan Thanh Giản (1796-1867). Ce haut mandarin a négocié en 1862 la cession à la France de trois provinces autour de Saigon, puis a tenté en vain de les racheter auprès de Napoléon III l’année suivante lors d’une ambassade en France. Impuissant face à leur annexion, il s’est donné la mort en 1867.

  • R. Bolliand
  • Couverture de l’album « Armée de campagne sous le règne de Tự Đức»
  • Fin des années 1920 – début des années 1930
  • Bois ajouré et gouache
  • 75.5291

Cet album regroupe un ensemble d’illustrations de l’armée de l’empereur Tự Đức, qui régna de 1847 à 1883. Les illustrations sont projetées à l’écran présent dans cet espace.  

  • Tôn Thất Sa (1882-1980)
  • Les Menuisiers
  • vers 1930
  • Aquarelle et crayon sur papier
  • 75.1296
  • Tôn Thất Sa (1882-1980)
  • Les Forgerons
  • vers 1930
  • Aquarelle et crayon sur papier
  • 75.1297

D’origine noble, Tôn Thất Sa serait né dans une famille convertie au catholicisme et aurait appris le dessin et la sculpture au séminaire de Phú Xuân. Il enseigne à l’école professionnelle de Huế de 1906 à 1941. Il fait partie de la première génération de peintres vietnamiens ayant adopté les techniques de la peinture moderne. Ces deux aquarelles ont été peintes pour l’Exposition coloniale internationale de Paris en 1931. Leur iconographie est assez inhabituelle, l’artiste se consacrant surtout à la peinture de paysages et de monuments, ainsi qu’à des études de motifs ou d’objets anciens.

  • D’après un dessin de Tôn Thất Sa, « Portail Sud du palais du Jeûne, au Nam-Giao »
  • M. Cadière, L'Art à Hué
  • Vers 1930
  • Bulletin des Amis du Vieux Hué
  • MH-L-A-019970

 

 

3. Contacts et collaborations